L’impact du changement climatique sur la production agricole en Afrique de l’Ouest : une évaluation pour le bassin de l’Ouémé au Bénin

Les études sur le changement climatique en Afrique de l’Ouest tendent à prédire un potentiel agricole réduit qui affectera la situation de la sécurité alimentaire d’une population déjà appauvrie.

Cependant, ces études ignorent largement les adaptations des agriculteurs et les ajustements du marché qui atténuent les effets de prévisions négatives.

L’article tente de combler une partie de cette lacune par une évaluation spatialement explicite de l’impact du changement climatique sur les revenus agricoles dans le bassin de l’Ouémé (ORB), Bénin.

Nous appliquons un certain nombre de relations structurelles spatialement explicites estimées pour l’ensemble territoire du Bénin pour simuler des conditions dans l’ORB proprement dit qui est similaires à celles actuellement prédominant dans le Nord plus sec, et le Sud plus humide.

On trouve que dans des conditions moyennes de changement climatique, les faibles rendements actuels ne sont pas réduits, à condition que les modes de culture sont ajustés, tandis que les augmentations de prix compensent en partie les effets sur le revenu des agriculteurs.

Par conséquent, sans aucune intervention politique, les revenus agricoles restent relativement stables, bien qu’à des niveaux faibles et avec une fréquence accrue de mauvaises récoltes après des sécheresses.

Les simulations de scénarios montrent qu’il existe également des aspects bénéfiques qui peuvent, avec des interventions, même transformer les pertes en gains.

Le principal canal d’amélioration serait la réduction de jachère, ce qui est particulièrement prometteur car il nécessite peu d’ajustements pratiques agricoles, exploite le potentiel des terres non cultivées et améliore l’efficacité de l’utilisation de l’eau.

Elle permet également au Bassin d’absorber les futurs flux migratoires en provenance des zones sahéliennes voisines plus gravement touchées

Citation :

Sonneveld, B.G.J.S., Keyzer, M.A., Adegbola, P., Pande, S., 2012. The Impact of Climate Change on Crop Production in West Africa : An Assessment for the Oueme River Basin in Benin. Water Resour. Manag. 26, 553–579.

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Impacts du changement climatique sur les modes de culture dans un bassin versant tropical subhumide

Au Bénin, des températures plus chaudes limiteront sévèrement les augmentations de production agricole obtenues grâce à l’expansion de la culture séquentielle.

Selon le scénario de changement climatique, entre 50 % et 95 % des surfaces cultivées actuellement supportent une culture séquentielle ou en auront besoin pour revenir à la monoculture.

Le potentiel d’irrigation du bassin versant sera au moins réduit de moitié d’ici le milieu du siècle dans toutes les combinaisons de scénarios.

Le changement climatique affecte, en plus des rendements, la culture séquentielle pluviale, l’expansion des terres cultivées pluviales et l’expansion de l’irrigation.

41 % des surfaces cultivées du bassin versant de l’Ouémé supérieur sont soit utilisées en recadrage séquentiel ou peut le supporter. Cependant, d’ici 2050, ce chiffre tombera entre 2 % et 16% selon le scénario de changement climatique.

Nécessité de passer à la monoculture ou d’adopter des pratiques agronomiques améliorées, notamment les cultivars à cycle court.

Nécessité de mieux gérer les sols pour augmenter la productivité

Pour réguler et augmenter le débit d’eau en saison sèche en plus de la fourniture d’autres services écosystémiques, les zones forestières et boisées sont nécessaires

Important d’utiliser une approche intégrée à la planification du développement rural, où l’on peut s’attendre à ce que le changement climatique ait de multiples implications sur les systèmes de culture et la résilience au changement climatique dépendent du maintien l’intégrité globale du paysage, y compris les zones qui régulent les débits d’eau.

Citation:

Duku, C., Zwart, S.J., Hein, L., 2018. Impacts of climate change on cropping patterns in a tropical , sub-humid watershed. PLoS One 13, 1–21.

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Effets macroéconomiques de la croissance de la productivité agricole de semi-subsistance : données probantes du Bénin et extension aux pays de l’UEMOA

La croissance de la productivité agricole pourrait améliorer la croissance économique globale, réduire le déficit commercial et permettre une augmentation des revenus des ménages ainsi que des recettes publiques.

La croissance de la productivité des cultures vivrières favorisée par les politiques publiques pourra permettre l’obtention de meilleures performances économiques et de réduction de la pauvreté.

La croissance de la productivité a des effets positifs sur le PIB et les revenus autrement dit, l’augmentation de la productivité des cultures vivrières a des effets positifs plus importants que celle des cultures de rente.

Il y a une augmentation de 1,19 % de la balance commerciale après la croissance de la productivité des cultures vivrières alors qu’elle n’augmenterait que de 0,93 % avec l’augmentation de la productivité des cultures de rente.

Néanmoins, on note un impact négatif de l’’augmentation de la productivité des cultures vivrières sur l’indice des prix à la consommation tandis que l’augmentation de la productivité des cultures de rente a augmenté l’indice des prix à la consommation (avec un effet global négatif sur l’indice des prix alimentaires). Les industries alimentaires et textiles sont les principales bénéficiaires d’une augmentation de la croissance de la productivité agricole.

Il faut améliorer les performances économiques des économies agricoles de semi-subsistance par un investissement dans la modernisation des technologies agricoles.

Aussi, faut-il améliorer des connaissances dans le secteur agricole et stimuler la productivité par un échange de technologie à travers la coopération internationale et l’assistance technique avec des pays de puissance agricole et les investissements directs étrangers.

Il faut développer par ces pays, des chaînes de valeur dans le secteur agricole permettant la construction d’industries de transformation pour transformer les matières premières agricoles en produits transformés destinés à la consommation.

Il faut doter le secteur agricole d’un cadre juridique protégeant les investissements et favorisant un partenariat public-privé pour l’implantation d’industries agricoles.

Il est important d’inclure à l’avenir des facteurs de changement climatique tels que les températures et les précipitations à l’analyse et aussi de micro-simulations pour évaluer les impacts microéconomiques d’une croissance de la productivité agricole.

Amoussouga Gero, A., Egbendewe, A.Y.G., 2020. Macroeconomic effects of semi-subsistence agricultural productivity growth: Evidence from Benin and extension to the WAEMU countries. Sci. African 7, 1–10.

NB: Ce document a été originalement publié en Anglais sous le titre « Macroeconomic effects of semi-subsistence agricultural productivity growth: Evidence from Benin and extension to the WAEMU countries »

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